Collection: Livres rares

La rareté d’un livre rare ne se lit pas dans sa date d’impression : elle résulte d’une équation entre le tirage d’origine, le nombre d’exemplaires survivants, la demande et l’état.

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Un volume du XVIIIe siècle peut être courant à quarante euros ; un tirage de vingt exemplaires de 1960 peut être introuvable. À la librairie KOEGUI, nous évaluons cette équation pièce par pièce. Pour les mécanismes en détail, voir notre article qu’est-ce qui rend un livre rare.

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La rareté d’un livre tient à quatre variables, que nous examinons dans cet ordre. D’abord le tirage d’origine : le nombre d’exemplaires imprimés et leur répartition entre tirage courant et grands papiers. À Rebours de Huysmans (originale de 1884) n’eut que douze grands papiers, deux sur Japon et dix sur Hollande ; notre Minnie Brandon de Léon Hennique (1899) porte une justification de tirage à vingt exemplaires pour la société « Les XX ».

Vient la destruction : pilonnages d’invendus, incendies, guerres, bibliothèques dispersées en lots. Un tirage large peut ne laisser que quelques survivants, et c’est souvent dans la grande diffusion que naissent les raretés.

Puis la provenance, l’histoire du volume depuis la presse, qui multiplie ou divise sa valeur. Un exemplaire unique l’illustre mieux qu’une définition : notre Germinal de Zola (originale de 1885) est enrichi de douze aquarelles originales et d’une carte autographe de l’auteur ; notre Pierre et Jean de Maupassant (un des cent exemplaires sur Hollande) porte vingt-six compositions originales. Aucun autre exemplaire ne leur ressemble.

Enfin la demande, seule variable mouvante : un auteur oublié revient parfois à la lumière, un nom plébiscité se tasse. L’état traverse les quatre : un exemplaire frais dans un tirage de vingt vaut davantage qu’un exemplaire fatigué du même tirage. À l’inverse, un livre ancien n’est pas rare par sa seule date : nous proposons des titres du XVIIe siècle sous les 200 euros, faute de demande, quand Ombres de poésie de Xavier Forneret (originale de 1860, publiée à compte d’auteur) reste introuvable.

La justification de tirage est la première pièce que nous examinons. Membres du SLAM, nous rapportons chaque expertise aux standards du syndicat. Nos pièces enrichies de dessins ou d’aquarelles rejoignent nos exemplaires uniques. Remonter vers le fonds : livres anciens rares et précieux. Collections sœurs : édition originale et livre signé.

Questions fréquentes
Un livre ancien est-il forcément rare ?

Non. Beaucoup de volumes des XVIIe et XVIIIe siècles ont été imprimés à plusieurs milliers d’exemplaires et ont survécu en quantité. La date d’impression est un indicateur parmi d’autres, jamais le critère déterminant. Nous commençons toujours par le tirage, pas par le millésime.

Qu’est-ce qui rend un livre rare ?

Un tirage d’origine faible, des destructions massives (pilonnage, incendie, succession dispersée) et une demande soutenue. L’état joue en parallèle : un exemplaire frais dans un tirage de vingt vaut davantage qu’un exemplaire usé du même tirage.

Un livre rare en mauvais état a-t-il encore de la valeur ?

Oui, sous conditions. Pour les tirages très faibles (vingt à cinquante exemplaires connus), l’état dégradé réduit la cote sans l’annuler. Pour les tirages plus larges, un mauvais état peut rendre l’exemplaire sans intérêt commercial. Nous graduons la décote selon le tirage.

Comment faire estimer un livre rare ?

Envoyez trois photographies : page de titre, justification de tirage, couverture et dos. Si le volume porte un ex-libris ou une provenance connue, mentionnez-le : cela peut changer sensiblement l’estimation. Membres du SLAM, nous estimons gratuitement.